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kite innovationg since 1984
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VSD glisse 06/2001

Bruno Legaignoux, un pionnier du kite en Rep Dom

Né à Rennes, Bruno Legaignoux est un obstiné : depuis 1984, lui et son frère Dominique ont exploré le concept  » traction par cerf-volant « . Mordus de voile dès dix ans puis champions de France de dériveur en 1979, les deux compères ont par la suite dévié vers le surf, le windsurf et la voile hauturière avant de se retrouver embarqués pour un tour du monde. Bruno et sa femme Patricia d’un côté, Dominique et un copain de l’autre, tous se retrouvent quelques temps après au Sénégal et commencent alors à expérimenter les possibilités offertes par le cerf-volant.

Une fois le système transposé sur une planche à voile, le train de petits cerfs-volants auquel les deux frères ont abouti s’avère plus efficace marié à des skis nautiques : l’ancêtre du kitesurf vient de naître. Intimement persuadés du potentiel de leur invention, Bruno et Dominique revendent leurs bateaux et rentrent en France pour se consacrer au développement de leur système d’aile de traction en forme d’arche et à structure gonflable, ainsi qu’au brevet qu’ils déposent à la fin de l’année 1984.

Aujourd’hui, près de dix-sept ans après, les frangins sont installés en République Dominicaine et le nom Legaignoux est associé à l’une des marques d’ailes de kitesurf, leader du marché actuel : Wipika.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au cerf-volant?

Nous avons toujours été branchés par la vitesse en général. On avait eu connaissance de résultats excellents obtenus par des cerfs-volants sur certaines bases de vitesse mais tout ce qu’on savait était que des Anglais détenaient le record du monde de vitesse dans leur catégorie : ils avaient enlevé le mât d’un Tornado et monté un train de Flexifoil (ndir : une marque de cerf-volant) à la place.
Après avoir déposé le brevet Legaignoux fin 84, nous avons fait notre première base de vitesse sur skis début 85 et commercialisé un premier produit en 1993 : le Wipicat ( petit catamaran gonflable et aile de traction).

Pourquoi « Wipika » ?

Wipicat, c’était pour : Wing Powered Inflatable CATamaran. À l’époque, on avait vendu une centaine de catas et environ deux cents ailes, même si nous avions fini par stopper la production en France parce qu’elle coûtait trop cher. Nous trouvions que le nom sonnait bien et en plus, il était déjà connu de nos premiers clients ; alors en 1997, quand nous avons finalement trouvé un fabricant en Chine et que nous avons pu redémarrer à fond la production d’ailes, nous avons transformé le nom un minimum… ce qui nous a donné Wipika.

Flysurf ou Kitesurf ?

Kiteboard. On dit snowboard, wakeboard, skateboard… ça paraît normal. En France, au tout début, j’étais opposé à « cerf-volant » parce que dans l’ esprit des gens, c’était trop associé à jouet de plage. Je tenais donc au terme « aile », d’où « Flysurf ».

LA SAGA WIPIKA Planchemag 11/2000

Entretien avec un inventeur de génie

BRUNO ET DOMINIQUE LEGAIGNOUX SONT PASSÉS PAR DE NOMBREUX DÉLIRES AQUATIQUES QUI LEUR ONT PERMIS D’ABOUTIR À LA WIPIKA

Une évidence, l’aile marine ? Pas vraiment. Sur des skis, en bateau, en cata, mais avec combien d’ailes au fait ? La redécollabilité reste encore aujourd’hui un casse-tête pour les fabricants. Il n’y a pas de secret, ces deux frères n’ont pas hésité à se mouiller pour avancer, sans se soucier de l’œil moqueur des gens aux pratiques installées. Pari réussi pour Bruno et Dominique Legaignoux.

PM : Comment as-tu eu le déclic sur les ailes de traction ?

J’ai acheté un bateau de croisière pour faire le tour du monde. Mon frère aussi, il est parti de son côté avec un pote, et moi avec ma femme. On a fait une bonne balade jusqu’à Dakar, puis on a commencé à réfléchir sur les voiles. Jacob Slider avait le record du monde dans les années 1983-84, il allait plus vite que les autres sur son Tornado tracté par des cerfs-volants, même sans foils. On savait qu’on pouvait remonter au vent, mais on n’avait jamais fait voler un cerf-volant.

PM : Et tu t’es lancé dans la fabrication d’ailes…

On a construit un proto, juste pour apprendre la théorie, puis plusieurs ailes. On s’est intéressés peu à peu à la structure, ce n’était pas compliqué. On a fabriqué un train de cerfs-volants (plusieurs les uns derrière les autres ). On a essayé avec une annexe, puis une planche, c’était ingérable. On a fait un deuxième train de cerfs-volants, au lieu de 12 ailes de 1/2m², on en a mis 3 de 2m², rigidifiées par une latte de carbone. On a construit des skis nautiques, ça paraissait simple pour le démarrage, mais les ailes n’étaient pas redécollables. À l’automne 1984, la solution était plus claire, il fallait un seul cerf-volant ! En grande surface, l’aile rigide était trop lourde et non redécollable, on s’est orienté vers une structure gonflable. On ne pouvait pas la fabriquer au Sénégal, donc on est remontés en France fin 1984 pour déposer un brevet.

PM : Quels sont les termes du brevet ?

C’est une aile à structure gonflable, adaptée à l’usage nautique grâce à sa forme. Naish a racheté le brevet. Ils mettent au point un programme de dessin pour générer des plans plus facilement . C’est le même principe pour les voiles de planche, on retrouve les mêmes ressemblances . Quand le concept marche , on travaille sur les profils, les matériaux.
LE MILIEU DE LA PLANCHE ETAIT TRES FERME A L’EPOQUE (84-85), CAR CA MARCHAIT TRES FORT.

PM : Que penses-tu de l’évolution du fly ?

C’est le boom, c’est bon. Bien sûr, il y a des opportunistes, mais dans l’ensemble il y a une prise de conscience du problème de la sécu, notamment de la part des pratiquants, donc ça se passe plutôt bien. Concernant la course au matos, je dis toujours et encore : attention à ne pas faire comme pour la planche à voile !

PM : Justement, comment peut-on améliorer la sécu ?

C’est notre souci constant. C’est pourquoi on a créé Wipika Club International, un concept d’écoles affiliées qui commence à bien marcher. Les gens se rendent compte qu’il faut passer par une école. Nos moniteurs obtiennent automatiquement l’équivalence FFVL s’ils veulent enseigner en France. Il y a d’autres voies : la 4 lignes, mais elle ne concerne pas (encore) le débutant, plutôt le rider moyen. On va sortir notre barre 4 lignes d’ici peu. Les lignes courtes sont aussi à développer. Nous développons le VARC : Variable Aspect Ratio Concept. Chaque aile a un aspect ratio qui lui donne une vitesse appropriée à la force du vent. Fini les grandes ailes trop lentes et les petites trop rapides donc dangereuses.

PM : Le fly pourra-t-il devenir un sport aussi populaire que la planche, ou est-il réservé à une élite ?

La question que je me pose, c’est: va-t-il devenir plus populaire ? Il en a le potentiel, il intéresse à priori une plus large frange de la population, plus de marchés aussi. Reste à le démocratiser, à le rendre plus accessible. Si on n’y arrive pas, le marché restera relativement limité, je suis d’accord. Comment y parvenir ? Pour moi, il faut passer par des flotteurs auto-porteurs, car le waterstart n’est pas à la portée de tous. De plus, c’est le seul moyen de réduire fortement la longueur des lignes, paramètre indispensable à la pratique sur les plages l’été. Dernier élément indispensable : les prix doivent baisser largement et l’on teste actuellement des solutions prometteuses.

Il restera un obstacle : le fossé entre les pratiques grand public et élitiste. Il ne faut pas que cette pratique grand public soit cataloguée « blaireaux » par les médias (suivez mon regard) et le public, comme ce fut le cas dans la planche à voile. C’est un risque si le matos est très différent en termes de look et de performance.

Origine du nom Wipika: Le petit cata gonflable, on l’appelait  » wing propelled inflatable catamaran « , on a repris les premières lettres, et ça a donné Wipika.

Des frères ingénieux attirés par la mer

Premiers symptômes : Dominique est branché surf, Bruno plutôt fun. 1979! Bruno champion de France junior en 420.

Automne 1984 : la solution apparaît, il faut un seul cerf-volant, et non pas plusieurs en train (les uns derrières les autres).

Mars 1985 : run à 17 nœuds sur des skis, à la Semaine de vitesse de Brest. Prix de l’ingéniosité,

1986 : équipés d’une aile de 17m2, ils sont plus rapides que les planch-istes dans le petit temps, avec un run à 15 nœuds, quand les planches pla-fonnent à 10 nuds.

1993-1994 : première com-mercialisation d’une aile avec un petit cata gon-flable, pour le grand public. Un flop, avant le succès.

Défi en Patagonie | VSD 01/1996


Défi en Patagonie

Une 7e édition sous le signe habituel, de la galère, avec des instants de pure émotion esthétique comme sur ce lac Nahuel Huapi où d’un cerf-volant, Florence Arthaud, Princesse au royaume de la glisse, sut faire une voile

C’est la tradition du Raid Gauloises de Gérard Fusil : on change de continent chaque année. Mais on est toujours sûr de retrouver l’enfer. Cette fois, au sud du Sud, en Patagonie, il a fallu ramer sur les lacs glacés au pied de sommets à escalader avec au total un dénivelé de 11 000 mètres, chevaucher, se traîner.

Grandiose, ont dit les vedettes engagées, qui ont côtoyé paras, commandos, nageurs de combat ou fous d’action que le raid fascine de plus en plus. Il fallait le faire ! Notre reporter, Thierry Rannou, l’a fait

Bateaux 05/1996

Dynamique pour s’en sortir

Les radeaux dynamiques n’ont jamais rencontré de succès : trop chers et trop lourds à la fois. Le cerf-volant pourrait peut-être les relancer…

Tous les récits en témoignent. Sur un radeau de survie, il faut garder le moral, s’occuper la tête pour ne pas se laisser dériver vers des pensées morbides. L’action, quelle qu’elle soit, est donc primordiale. Dans le manuel de survie présent sur tous les radeaux, il est écrit qu’il faut essayer de gréer une toile ou de se fabriquer un cerf-volant. S’il en existe un tout prêt dans le paquetage, on passe tout de suite en phase active. Et si les autorités sont assez partagées sur les radeaux dynamiques pour la raison principale qu’avec les moyens de reconnaissance actuels (positionneurs, balises…), il est plus simple que le radeau se laisse dériver depuis la position du naufrage. Mais il y a une alternative. Soit les naufragés disposent d’une balise de détresse, et leur position est suivie pendant près de 72 heures par le Cross. Soit ils n’en possèdent pas, et alors il est plus rationnel qu’ils essayent de rejoindre la côte par leurs propres moyens et le plus rapidement possible, sachant qu’un cerf-volant se voit de loin puisqu’il se trouve haut sur l’horizon et qu’il a des couleurs vives, donc repérables dans un rayon important.

Contrairement à un gréement classique, comme ceux installés sur les nombreux essais de radeaux dynamiques, le cerf-volant est léger et relativement facile à utiliser. Deux grandes familles existent : les ailes et les cerfs-volants à tuyères. Ces derniers, utilisés par Nicole Van de Kerchove lors de sa traversée de l’Atlantique en 1994 à bord d’un Jod 24, demandent à être lancés avec les mains et, surtout, une fois qu’ils tombent à l’eau, ils sont pratiquement irrécupérables car, plus on tire sur leur bout, plus ils s’enfoncent dans l’eau , se transformant en ancre flottante. En outre, ils se stabilisent à une altitude importante (autour de 80 mètres). Mise au point par les frères Legaignoux, l’aile gonflable que nous avons essayée reste à la suflace de l’eau et s’envole sans effort depuis l’eau. Malheureusement, nous n’avons pu observer ses véritables performances par manque de vent (moins de 10 nœuds). Mais ses deux ou trois modestes envolées nous ont convaincus sur ses capacités, d’autant que nous connaissons les possibilités du Wipica, le canot pneumatique à dérives gonflables tracté par cette aile et capable de remonter légèrement au vent.
Sur un radeau, II s’agit de faire le plus simple possible. L’aile doit donc rester statique, c’est-à-dire qu’elle tracte le radeau en vent arrière, voire jusqu’à 120° du vent en étant équipé de plans anti-dérive. En revanche, avec une aile orientable, comme sur le Wipica, on peut se permettre d’envisager un angle jusqu’à 80° du vent . Ces performances permettent tout de même de faire route sur 200° par rapport au lit du vent. De quoi rejoindre un bout de terre…

CV Passion 05/1994

Type : Aile profilée à bord d’attaque épais et profil gonflable partiel, simple surface.

Pilotage : 2 lignes.

Surfaces : 6,50 m2. 8 m2.

Niveau : Un léger temps d’adaptation aux commandes inversées, Passé ce stade : tous niveaux.

Caractéristiques : Concept très différent et totalement marin.

Structure à vessies gonflables. Qualité de fabrication irréprochable en spi mylarisé. Deux systèmes de brides disponibles. Commandes inversées, Visa CVP : Voile très mature qui a derrière elle 10 ans de conception et d’évolution, Finesse étudiée pour correspondre aux utilisations du Buggy, nage tractée, embarcation. Evolution en milieu marin. Dans les campagnes avec les broussailles, les épineux, etc. attention à la fragilité des vessies. La réparation est cependant aisée. Voile très pondérée dans ses réactions, peu violente, mais puissante, et qui donne toujours l’impression de pouvoir accélérer.

Conseils de pilotage : Voile à laisser voler. Ne pas hésiter à la placer devant soi. Attention au décollage et à la pose (perçage des vessies). Très facile à faire redécoller quand elle est posée sur l’eau.

Conviviale de Quend-Plage

« Quelques chiffres: le compteur de Julian Wolfe Patrick qui affichait 80km/h et la plus grande vitesse enregistrée, 76km/h, réalisée par Bruno Legaignoux et son exceptionnelle voile Wipika. »

« Bruno Legaignoux a littéralement atomisé tous les participants avec la dernière évolution de sa voile Wipika. Le bridage a été simplifié et son usage est désormais plus aisé. Quand le vent n’était pas suffisant pour faire gonfler les voiles et tracter les chars, le trio Legaignoux-Zeph-Wipika sillonnait la plage en tous sens, exploitant le moindre souffle. »

« Il y a dix ans, Flexifoil sortait son concept de cerf-volant souple. Un appareil désigné comme « Power Kite », qui ouvrait la voie au cerf-volant de traction.
En même temps, les frères Legaignoux démarraient le programme Wipika, dont sortirait la voile qui est aujourd’hui considérée comme l’une, sinon la meilleure du moment. Un concept très différent de tous les autres. »

cv passion 05/1995

Il nous a tout de même été donné de voir confirmée la nette supériorité de la voile française Wipika, la seule à voler et tracter efficacement dans le petit temps. Bruno Legaignoux s’est régalé à nous démontrer que son profil gonflable est le mieux adapté aux terrains marins et se joue des chutes dans l’eau.

Bateaux 12/1994

Le cerf-volant Wipica peut maintenant se monter sur un rapide petit foiler.

Canoe Kayack 11/1994

LE WIND-KAYAK, VOUS CONNAISSEZ ?

Bonne nouvelle pour les kayakistes qui veulent dompter le vent afin d’améliorer leurs performances: le wind-kayak va faciliter leurs exploits . Bruno et Dominique Le Gaignoux, de la Société Wipika, ont en effet mis au point une aile volante de traction originale.

Insubmersible grâce à un bord d’attaque et à 5 lattes transversales gonflables, elle ne pèse que 600g et est reliée au kayak par deux suspentes de 6m de long. C’est à partir de cette aile que la société Kayak Littoral Atlantique a créé un système permettant de tirer un ou plusieurs kayaks l’un derrière l’autre, ou à couple comme un catamaran.

L’aile Wipika est facile à mettre en action et prend peu de place. Le centre de gravité du kayak, initialement situé au ras de l’eau, est peu modifié: l’aile se fixe sur le pont et le point de traction peut être déplacé par un système de va et vient qui permet au kayak de naviguer vent de travers, vent arrière et même de remonter au vent sans gouvernail ni pagaie.

Les forces de vent préconisées pour l’utilisation de l’aile vont de 3 à 7 Beaufort et quelques règles de sécurité sont à respecter: naviguer à plusieurs, munir l’aile d’un mousqueton de sécurité s’ouvrant sous tension et relié à la jupe du kayak, avoir un couteau à portée de main en cas de problème. Si vous voulez essayer le wind-kayak, la société Kayak Littoral Atlantique propose de vous le faire découvrir sur tous les plans d’eau et plages de France ainsi qu’à l’étranger.

Renseignements: Kayak Littoral Atlantique, 29 rue du rosmeur, 29100 Douarnenez, tel/fax :98 92 16 94.

Telegramme 06/1994


Pour une nouvelle approche de la mer. Un catamaran tiré par une aile volante

Samedi à partir de 14 heures devant la plage de Mousterlin à Fouesnant se dérouleront des démonstrations d’une toute nouvelle unité. Un catamaran tiré par une aile volante.

L’engin baptisé Wipi Cat a été inventé par deux frères quimpérois, Dominique et Bruno Legaignoux. Tous deux sont passionnés de voile et ont été en 1979 champions de France de voile et membres de l’équipe de France espoirs en double sur 4.20.
Passionnés de vitesse, ils ont développé à partir de 1985, une aile volante capable de décoller de l’eau sans aide extérieure et de tracter un skieur nautique à des vitesses pouvant aller jusqu’à 24 noeuds.
Une invention récompensée par le prix d’ingéniosité de la Semaine de Vitesse de Brest.

Simplicité

A partir de cette première expérience les deux inventeurs ont créé le Wipi-Cat, le catamaran gonflable tiré par une aile. Un engin simple, léger et original pour s’amuser dans le vent.
Le tout, le catamaran, l’aile à structure également gonflable, le harnais, une paire de pagaies d’un poids de 10 kilos, tient dans un grand sac de voyage.
Mais l’aile peut aussi tracter un dériveur, une planche à voile, un kayak de mer et des contacts sont aussi pris pour qu’elle entre dans l’armement des canots de survie qui sont dépourvus de tout moyen de propulsion.

Toutes les allures

Son maniement est en effet un jeu d’enfant. L’aile permet, comme une voile classique de se déplacer à toutes les allures.
L’aile retenue au pilote par un harnais dans le lit du vent reste gonflée à la verticale du catamaran. Pour prendre de la vitesse et choisir son allure il suffit d’actionner à la main l’une des deux commandes, à droite ou à gauche. L’aile permet comme sur un dériveur de faire du près jusqu’à environ 45 degrés du vent et d’obtenir des vitesses maximales au largue (vent de travers).

A Douarnenez, animateur de KLA, Bernard Moulin utilise déjà les ailes volantes sur ses kayaks de mer. Le week-end dernier au départ de Douarnenez il a pu rejoinde l’Ile de Sein sans donner un seul coup de pagaie.
Cette aile peut aussi être utilisée sur terre, sur les plages pour tracter des karts ou des rollers (patins à deux roues gonflables). Une autre nouvelle pratique de la glisse qui pourra être découverte dimanche à partir de 10h sur la longue plage de Sainte Anne La Palud.

Une entreprise

Cette invention a permis aux deux frères de créer avenue de Keradennec à Quimper une petite entreprise qui avec trois employés a déjà fabriqué 70 catamarans gonflables et une centaine d’ailes. Un effectif renforcé durant les vacances par des étudiants qui se chargent des démonstrations.

François Salvert

(English) Kitelines 04/1994

Parmi tous les cerfs volants conçus pour la traction ces dernières années, y en a t-il eu dessiné spécialement pour l’utilisation sur l’eau ?

Bruno and Dominique Legaignoux, deux jeunes marins et inventeurs français, viennent de sortir un cerf volant nautique très sûr, facile à redécoller sans assistance même après une chute dans l’eau.

Neuf ans de recherche silencieuse et de développement se sont écoulés depuis leur premier prototype, qui est actuellement développé pour le ski nautique et a atteint la taille de 20 m². Ce n’est que l’été dernier que les frères ont commencé la production. Ils recherchent maintenant des entreprises partenaires pour les aider dans la distribution grand-public.

Bien que cela puisse s’adapter sur d’autres bateaux et que des douzaines de kayakistes l’aient adopté, ce cerf volant est normalement fait pour être utilisé avec un catamaran gonflable de 3,2 mètres de long conçu par les deux frères.

Ce catamaran, tracté par un cerf volant et connu sous le nom de WIPICAT (Wind Propelled Inflatable CATamaran), a tout l’équipement pour en faire un nouveau sport de plage populaire.

Le système WIPICAT ne s’applique pas seulement aux catamarans (comme sur la couverture) mais aussi aux kayaks des mers, voir page ci-contre. Ses applications sur le sable, la glace ou la neige sont aussi explorées.

A droite, les coques décollent dans les airs.

L’armature gonflée et la forme de l’aile permettent de le redécoller dans l’eau.

Il est facile à manipuler et extrêmement sûr aussi bien pour l’utilisateur que pour les nageurs qui sont autour, car ni le bateau, ni le cerf volant ne peuvent couler ou blesser quelqu’un grâce à leurs structures gonflées.
Il y a encore mieux : le bateau, le cerf-volant et tous les accessoires peuvent entrer dans un petit sac, 60 x 32 x 32 cm. De plus le poids total n’excède pas 10 kg.

Le cerf-volant, lui-même est intéressant dans sa forme grâce à ses équipements uniques (et brevetés). Etonnamment, les frères Legaignoux n’ont eu que très peu de contacts avec le monde du cerf-volant. Ils viennent, tous les deux, du milieu de la voile où ils étaient champions de France junior dans les années 70. Cela explique, peut-être, pourquoi leur cerf volant est si innovant et pourquoi il échappe aux influences des autres formes déjà commercialisées.

La voile simple surface de 6 m² est fabriquée à partir d’un polyester anti-déchirure, léger et laminé et sa forme est maintenue par six tubes gonflés et spécialement créés à cet effet :

un long en forme d’arche le long du bord d’attaque et cinq autres qui lui donnent sa forme. Ils sont fabriqués dans une matière spéciale (secrète), légère et élastique et glissés dans une sorte de manche en tissu. Vous devez juste les gonfler, remettre les valves à leur place et le cerf-volant est prêt.

Il ne coulera pas ou ne se remplira pas d’eau comme les autres voiles gonflées par le vent. En cas de crevaison, ce qui n’arrive quasiment jamais sur l’eau, le cerf-volant peut continuer à voler avec un ou deux tubes dégonflés. De plus, les tubes sont faciles à réparer ou à remplacer.

Vu de face, le cerf-volant à la forme d’un demi-cercle. On remarquera immédiatement l’absence d’un système de freinage complexe; seulement deux lignes en polypropylène assez courtes (6 mètres) qui sortent de chaque bout de l’arche et ne coulent pas.

Elles sont attachées à un mousqueton de sécurité qui peut être facilement décroché du harnais du pilote. Ainsi, les bras du pilote n’ont pas à supporter la traction.

Le système directionnel du cerf-volant est contrôlé par deux petites manettes attachées aux extrémités de deux plus petites lignes qui longent les deux lignes principales et sortent juste un pied (environ 30 cm) avant la voile. Elles sont attachées un peu plus haut à son bord d’attaque.

Tirer sur la manette droite entraînera la voile à gauche et vive versa. (Le système de contrôle est l’inverse des cerfs-volants habituels.) Par vents légers, tirer sur les deux manettes donnera un coup de fouet supplémentaire au cerf-volant. Bien sûr le système WIPICAT n’est pas fait pour les acrobaties dans les airs. Ce cerf-volant a été dessiné pour pouvoir être manœuvré d’une seule main.

Le gonflage et le transport du système WIPICAT est rationalisé : à droite, l’aile attend dans un sac vert pendant que le catamaran est en train d’être gonflé. Encart :tout l’équipement dans le sac ne pèse que 10 kilos

Ces dispositifs ainsi que la capacité à déplacer le point de remorquage du bateau permet un contrôle optimum de la direction : tour sur lui-même, arrêts rapides, demi-tours et remontées au vent jusqu’à 60°.

Quand il tombe à l’eau, le cerf-volant s’éloigne, poussé par le vent et reprend rapidement la bonne position pour être redécollé. Un vent de force 2 ou 3 (4 à 12 mph) est nécessaire pour que la manœuvre soit possible.

A travers les nombreux tests qu’ils ont effectués, les frères Legaignoux ont atteint des vitesses de 15 nœuds (17 mph) avec leur catamaran. Beaucoup d’autres utilisations de ce cerf-volant vont bientôt être explorées, en particulier pour une navigation plus sûre.

Ce cerf-volant insubmersible pourrait peut-être équipé tous les canots de sauvetage.

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